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SPOILER : personne ne va se battre pour vos droits à votre place !

              Née en Tunisie, Refka a 25 ans et habite en Italie avec ses parents depuis 2003. Ce pays, elle le connait maintenant très bien, pour le meilleur et pour le pire. Passée par les bancs de Sciences Po Lille au sein du master « Affaires Européennes », elle aimerait aujourd’hui devenir diplomate italienne. Évidemment, pour exercer cette profession, il lui faut la nationalité italienne – ce qui ne l’empêche pas de garder sa nationalité tunisienne, l’Italie étant un pays qui accepte la double nationalité. Malgré toutes ces années passées en Italie, c’est une procédure coûteuse, complexe et longue de plusieurs années que l’étudiante a dû traverser avant d’obtenir la nationalité italienne en décembre 2018.

              Ce combat, c’est seule qu’elle a dû le mener, à la fois face aux complexités de l’administration italienne, à l’extrême droite au pouvoir et au racisme anti-immigration ambiant. Elle en a d’ailleurs fait l’expérience: pendant la procédure, alors qu’elle avait déjà déposé sa demande, le premier ministre, avec un décret, fit passer le temps d’attente pour obtenir la nationalité italienne de 2 à 4 ans. Cette décision, Refka ne peut pas la laisser passer. Elle écrit une lettre à Salvini, le ministre de l’intérieur. Dans cette lettre ouverte, elle en profite pour dénoncer le racisme intrinsèque au gouvernement à l’égard des immigrés. Malheureusement, rares sont ceux qui, comme Refka, connaissent leurs droits et sont capables de prendre la parole pour s’indigner. En fait, des mentalités profondément xénophobes jusqu’au système institutionnel impénétrable, rien n’est fait pour favoriser les immigrés en Italie.

              En s’adressant directement à Salvini, Refka créé alors un grand tumulte en Italie. Les journaux et les médias répandent sa lettre. Des centaines de messages de soutiens, mais aussi de nombreuses critiques fusent. L’affaire prend des proportions telles que le ministre Salvini lui répond en personne dans une lettre ouverte, lui annonçant qu’elle avait finalement le droit à sa nationalité.

              Plus encore que son cas personnel, Refka veut nous sensibiliser au problème de la difficile acceptation des étrangers au sein de la société italienne, alors même que « l’Italie y gagnerait », souligne-t-elle. La jeune tuniso-italienne veut d’abord nous faire prendre conscience des conditions incomparables existantes, en France comme dans d’autres pays, à l’égard des étudiants, des jeunes et même des immigrés, qui sont mieux intégrés à la société et peuvent prendre la parole plus facilement pour défendre leurs droits. Cette lueur d’espoir nous enseigne à ne jamais renoncer, ni baisser les bras, et nous pousse au contraire à mettre à profit notre liberté d’expression, notre système éducatif existant pour nous battre contre ce qui nous indigne. Parce que personne ne le fera à votre place, organisez-vous pour défendre les causes qui vous concernent, mais aussi les droits des plus vulnérables: les générations futures ne vous en seront que reconnaissantes.

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